Parmi les mots qui font florès dans le vocabulaire technico-administratif des institutions de soin, “orientation” semble s’être taillé la part du lion. Dans la fiche de poste d’un emploi précédent, quatre “missions” avaient été définies pour les psychologues : “écouter, informer, conseiller, orienter”. Et déjà ça sentait très fort l’embrouille. J’avais d’ailleurs ébauché un texte sur cette question, sans parvenir à donner forme à mon ressenti. Alors que l’idée me taraude de nouveau, je m’empresse de lire la circulaire d’actualisation du cahier des charges des Maisons des Adolescents (structure où je travaille depuis 2018) ; signée par Manuel Valls, ça ne s’invente pas. Tout y est défini dans des termes à peu près identiques, excepté que l’on y parle d’objectifs opérationnels : “accueillir, conseiller, orienter les jeunes et leurs familles…”. Pour les Points Accueil Écoute Jeune, idem : d’abord “aller vers”, ensuite “orienter”. Une consultation des cahiers des charges d’autres structures du champ médico-social (intéressante appellation qui tait le psychisme) nous montrera qu’à peu près partout, ça oriente. C’est qu’à force d’itération, on en viendrait presque à penser l’orientation comme un acte clinique.
1. Boussole(s).
Commençons par prendre les choses au pied de la lettre, ça ne mange pas de pain : s’agit-il, prosaïquement, d’aider les personnes qui viennent nous trouver à se repérer dans le monde, de jouer le rôle de boussole ? Mais déjà là ça ne va pas. Si je donne le nord, c’est que je sais où il se trouve… et qu’il est le même pour tous. Mais voilà, l’inconscient, ce n’est pas tout à fait une forêt. Je ne sais pas, en rencontrant quelqu’un, vers où nos pas vont nous porter. Si l’on prend un peu au sérieux la psychanalyse, il s’agirait même d’accepter de se perdre, pour éventuellement retrouver un nord, mais qui soit singulier (« chacun voit midi à sa porte », discutions-nous ailleurs), et pourquoi pas changeant au fil du travail. Le désir est exo-déterminé de multiples façons, travaillé par des flux qui se coupent et se recoupent ; il ne se fixe pas comme ça. Par ailleurs, les personnes que nous recevons ne sont pas des enfants en bas âge qu’il s’agit de tenir par la main vers l’horizon que nous aurions préalablement identifié pour eux : il paraît même pertinent de tâcher de faire avec ce curieux assemblage de traits, de symptômes, de bouts de corps qui tiennent plus ou moins ensemble… que constitue l’autre en face de moi ; de trouver ensemble. De voie conventionnelle il n’y a pas.
Le chemin est si peu balisé, qu’une construction symptomatique particulière, si coûteuse soit-elle pour le sujet ou son entourage, mérite parfois qu’on la soutienne. Parce qu’elle est peut-être la seule manière que quelque chose tienne pour le sujet à un moment donné. Qui a été confronté au trauma, et aux violentes tentatives d’inscription qu’il impose parfois, peut s’en faire une idée. On peut également penser à certains comportements objectivement délétères, voire dangereux – consommation conséquente de toxiques, conduites dites “à risque”, positionnement amoureux qui expose à des violences… – qui sont le cas échéant la seule manière de réguler une jouissance en excès. Il vaut parfois mieux picoler que délirer ; pas toujours.
Servirait-elle davantage à définir une orientation pour les professionnels eux-mêmes, la métaphore de la boussole me semble de toute façon assez problématique. Il n’y a qu’à voir le redoutable “s’orienter de… la clinique lacanienne”, répété comme un mantra par les membres de l’École de la Cause Freudienne, qui, pour plus sophistiqué qu’il soit (le “de” distingue), me semble reconduire le problème : il y a une bonne direction, nous l’avons identifiée, suivez-nous ! La modalité universitaire, qui apparaît prédominante dans les grandes écoles, où c’est un savant qui vient donner la leçon (à partir de celle qu’il a entendue du maître) s’accommode particulièrement bien de ce genre d’arrangement sémantique. Encore plus fort : Lacan leur parle (“Lacan nous dit que…”, autre tarte à la crème) – ce n’est plus une boussole, c’est un GPS ! Rappelons à toutes fins utiles que ces gens sont en train de réinventer la télé sur Youtube, c’est dire comme ils sont bien repérés dans le temps et l’espace.
En réalité, même sans associer trop loin nous aurions dû avoir la puce à l’oreille, car nous sommes nombreux, au moins pour les dernières générations, à être passé par une autre forme d’orientation. Celle de la quasi proverbiale conseillère (souvent des femmes, ce me semble). La généralité est comme toujours trompeuse : si nous y sommes passé·e·s, on ne peut pas dire que ce soit toustes de la même façon… tant la possibilité de se couler ou non dans le moule scolaire modifie radicalement l’expérience du passage. J’étais des bons élèves, pour moi il a pris des allures de porte ouverte sur un tapis rouge ; Kaoutar Harchi1 dit bien comment chez les dominants, la question matérielle jamais ne se pose, “dans l’absolu, tout demeure ouvert”. Pour d’autres, il finira par ressembler à s’y méprendre à un checkpoint en pays colonisé, ou à un mur de briques.
Les mêmes ont d’ailleurs de grandes chances de connaître, plus tard, des répliques. Triste comédie à laquelle j’ai eu l’honneur de participer lors d’un stage dans une structure de réinsertion professionnelle. Il s’agissait là de récupérer des bénéficiaires empêchés de poursuivre leur vie professionnelle maltraitante par un accident du travail, pour élaborer avec eux des pistes de réorientations. Ce qui plus honnêtement se dit : faire miroiter à des soixantenaires une réinsertion en fonction du désir de chacun, avant de clore méthodiquement toutes les pistes qui ne seraient pas une formation en “bureautique”, ou autre stage de secrétariat – là pour le coup, on oriente sans trop se gêner. Mais toujours au nom de forces supérieures : la “réalité du marché de l’emploi”, il y a des psys payés pour la faire avaler.
Pour achever le tableau d’ensemble, alors que je lis le dernier ouvrage de Raphaël Kempf2, à propos des mises en garde à vue – souvent tout à fait injustifiées sur plan légal – des participants aux manifestations : « après leur garde à vue, les manifestants sont enfermés dans les geôles du tribunal où ils passent une nuit. Le lendemain matin, les substituts du procureur prennent (enfin) connaissance des dossiers les concernant et doivent alors prendre une décision de la plus haute importance, ce qu’on appelle dans notre jargon l’“orientation”. Rien d’étonnant à ce que ce terme évoque la logistique : les parquetiers organisent des flux de personnes en les orientant dans telle ou telle direction […] Le procureur n’a aucune explication à donner sur le fait qu’il choisisse telle ou telle orientation. L’exercice de ce pouvoir, dénommé dans notre droit “opportunité des poursuites”, est purement arbitraire.”.Il y a parfois des contingences opportunes.
2. De quoi l’orientation est-elle le nom ?
Lestés de ces quelques représentations (chacun·e y ajoutera les siennes propres), on s’avance un peu mieux armés. Un tour de plus dans l’investigation : dans la structure même de nos métiers, quelque chose nous pousserait, malgré tout, à souscrire à l’idée d’orientation.
Une formulation approximative me servira de base de travail : “face à telle difficulté, pour tel sujet, il existe, dans la structure appropriée, un professionnel qui saura le·la “prendre en charge””. A vue de nez, j’ai l’air de m’inscrire dans une démarche plutôt singulière, au cas par cas, puisque je vais faire de mon mieux pour trouver le lieu qui conviendra. Mais si l’on déroule ce que l’énoncé masque…
– Il y aurait lieu, déjà, de s’arrêter sur le très douteux “prendre en charge”… Limitons nous à un moyen mnémotechnique : charge c’est toujours de droite ; on gagnera à l’avoir le moins souvent possible à la bouche.
– Ensuite, sous couvert de trouver le bon accompagnement, nous voilà sommés d’identifier des critères pour distinguer les sujets. Qu’est-ce qui va présider à l’orientation vers tel ou tel lieu ? Les symptômes, évidemment, mais dans une acception médicalisante, qui s’accommode bien mal du singulier. Ce qui nous sert de guide en réalité, quoi qu’on en pense par ailleurs, c’est un manuel de psychopathologie.
Ex : Je me surprends parfois, au moment d’orienter quelqu’un·e vers le CMP à produire des écrits qui tendent au catalogue psychiatrisant. Lorsque pour trouver la meilleure orientation particulière, je réduis le sujet à une liste de ses “troubles”… l’éthique commence à vaciller salement. Pire, j’ai une petite idée du temps d’attente moyen dans les CMP du coin, j’ai une très bonne idée de l’état de débordement des professionnels qui y travaillent : il va même s’agir de vendre mon patient, et si possible en peu de mots. Pour que le CMP le reçoive dans moins de deux ans, il faut que ce soit inquiétant ; pour que ce soit inquiétant, je vais charger (tiens) la mule – écrasement terminal de toute singularité, mon écrit va finir par ressembler à un condensé de tout ce qu’iel m’a indiqué de plus “grave”. J’assaisonnerai bien le tout de quelques repères biographiques… les noms et les âges de frères et sœurs tiens, ça vous réhumanise un tableau clinique, non ? Non. Et surtout, dans quelle condition le sujet peut-il être reçu après un tel écrit ?
– Dans le fil du point précédent, il semble pertinent d’analyser dans quelle mesure un tel énoncé laisse une place à la parole du sujet reçu. Épineuse question, que l’emploi de verbatims (si nombreux et précis soient-ils) ne permet en aucun cas de régler. J’en parsème mes écrits dès que je le peux, mais qui parle là ? Pour les ados que je reçois par exemple, rien de plus difficile à évaluer, tant iels sont pris·es dans les paroles des adultes autour : parents, Éducation Nationale, professionnel·le·s de santé…
Ex : Combien de fois ai-je entendu l’un·e des ados orienté·es des foyers alentours ânonner quelque chose comme “j’ai besoin d’un espace hors du foyer pour parler de ce qui ne va pas” (quand ce n’est pas le professionnel qui l’accompagne qui le dit pour lui… “c’est bien ce que tu m’avais dit, hein ? que tu souhaitais un espace pour parler ? *regard appuyé*). A force d’être seriné par les “soignants”, cette réflexion qui pourrait avoir une pertinence clinique finit par tourner à vide. Les personnes confrontées à des soignant·es se mettent à parler comme elleux, et c’est un souci si on ne parvient pas à faire place à autre chose.
– Pris plus globalement, il me semble qu’il y aurait un œil à jeter du côté d’une forme persistante d’imaginaire de la spécialisation ; que l’on a beau jeu de critiquer pour son côté illusoire et ridicule quand on brocarde le “spécialiste” omniprésent des plateaux télé (ça ne coûte rien), si c’est pour le reconduire malgré soi au quotidien.
Ex : Mon patient est traumatisé par un bout de son histoire ; or il existe des psychologues formés à recevoir les personnes traumatisées, qui travaillent (c’est heureux) dans un Centre de prise en charge du psychotraumatisme (ou “centre de victimologie” quand c’est plutôt pire). Si j’envoie mon patient toquer à leur porte, qu’en prime je me fends d’un petit écrit pour qu’il y soit reçu rapidement, j’ai bien fait mon travail. Qu’est-ce qui passe à l’as dans l’affaire ? Outre que la spécialisation, lorsqu’on se réfère à la psychanalyse, n’a rigoureusement aucun sens… Ce sont les conditions matérielles dans lesquelles ce sujet va être reçu. Car les Centre de psychotrauma, même lorsqu’ils sont animés par des professionnel·le·s qui ont envie de faire bien leur travail, sont à 99% des usines, où l’on reçoit un patient par demi-heure, et parfois pas plus de 5-6 séances. Et après ?
– La division du travail de soin subsumée par l’énoncé, enfin, suppose qu’il existerait quelque part “en bout de chaîne” [je n’invente pas, je l’ai entendu], des structures d’écoute aptes à accueillir pour de bon les personnes qui y parviennent. Qu’après un certain nombre de relais, de structures d’accompagnement limitées dans leur accueil, l’on pourrait toujours trouver, pour toustes, un port d’attache.
Ex : Problème, dans le vrai monde réel de la réalité véritable, toutes les institutions deviennent des structures de court terme, et les Centre Médico Psychologiques eux-mêmes – censément structures de soutien au long cours – se mettent à orienter. Ce qui signifie que des personnes, ayant derrière eux un long parcours de repérage dans le marasme des acronymes, se voient envoyer promener, relancés pour un tour dans le flipper. Car ce ne serait pas « le lieu le plus approprié ». Ou parce qu’ils « n’ont pas de demande » (comble, lorsque le vocabulaire psychanalytique permet de rejeter à peu de frais)
Ex : Autre cas, mœurs semblables, parfois la “bonne structure” a été identifiée. On a décidé que tel·le ado relevait d’un foyer, d’un ESAT… seulement il lui faudra patienter, pour être accueilli·e, encore quelques années. Sans perspective pour son quotidien, avec l’école qui hurle qu’iel n’est pas adapté·e, on l’enverra n’importe où plutôt que nulle part. L’on voit ainsi régulièrement échouer à la Maison des adolescents ces jeunes diagnostiqués, classés, casés, (voire judiciarisés…) à qui l’on explique que dans l’attente du bon lieu, iels n’ont qu’à aller là. Il va sans dire qu’aucun travail sérieux n’est possible dans ces conditions.
=> On l’aura compris, orientation vaut donc le plus souvent pour délocalisation des corps, évacuation de la difficulté, et ultimement renvoi à l’errance – en particulier des plus errants (souvent les plus précarisé·es). Quand il n’y a plus de lieu où se faire entendre, les sujets sont conduits à parler partout, n’importe où, en espérant émouvoir quelqu’un·e qui ne soit pas encore trop insensibilisé·e par des années de gestion de flux.
3. Quelques conséquences pratiques.
Ultime couche de complexité, il s’agirait également de ne pas se mettre à toutes les places. Car il n’est humainement pas possible, et éthiquement pas souhaitable, d’accueillir tout le monde, partout, tout le temps. Par ailleurs, il ne s’agit évidemment pas de blâmer les équipes des lieux qui orientent n’importe comment (même si au quotidien on a le droit de les maudire, faut pas pousser). Ces orientations ne sont à considérer que comme symptôme : symptôme de l’institution en tant qu’elle est prise dans le capitalisme et marquée par son fonctionnement. Il n’est pas possible de ne pas orienter. Orientons donc, mais moins mal.
Un premier fil me semble à tirer du côté d’un synonyme qui ne l’est peut-être pas tant que ça. Nous disposons en effet du terme adresser, qui dit tout autre chose. Lorsque j’adresse, il y a… adresse précisément. On présuppose là une subjectivité singulière, un désir. Plus prosaïquement, cela implique tout un travail d’échanges avec d’autres professionnel·le·s : des temps de partage, mais spécifiquement dévolus à la recherche d’allié·es. Forme de rencontre tout à fait intéressée, utilitaire, qui a une vraie fonction de repérage préalable (que j’aurais tendance à privilégier sur un territoire relativement restreint) ; on éviterait d’autant ces longs temps de présentation réciproque ou rien ne se dit. Il s’agirait ainsi d’orienter non plus “au CMP de la commune”, mais à un·e tel·le, à qui j’ai parlé pour de bon, qui m’a semblé faire son travail correctement. Et puis l’on peut bien prêter attention aux dynamiques institutionnelles : il n’est pas si difficile d’apercevoir la logique de gestion de flux à l’œuvre dans certains lieux.
Par ailleurs, pour boucler avec la première partie, il me semble urgent, chaque fois que c’est possible, de pointer l’arbitraire à l’œuvre dans nos adressages. Pour vivre hebdomadairement des réunions d’équipe depuis maintenant cinq ans dans le cadre de la Maison des Ados, il me paraît évident que le fait d’accueillir tel ou telle repose parfois sur un mot, une intervention, le ton un tant soit peu impérieux de celui/celle qui présente la famille… Y prêter attention, l’exprimer à haute voix si l’on se sent de le faire, peut avoir des conséquences importantes. A défaut d’infléchir la décision, cela met au jour le mouvement en train de s’opérer.
Plus généralement, prêter une attention très soutenue aux mots que nous utilisons pour parler des sujets que nous recevons semble capital. Là encore, il pourra s’agir de s’étonner que telle dimension soit passée sous silence, ou expédiée. A titre d’exemple, je pense aux questions de genre et de sexualité, de plus en plus prégnantes dans le discours des ados que nous recevons. Une collègue avait participé à un DU sur ces thématiques – il a “suffi” (mais il s’agissait bien d’un acte !) qu’elle laisse à disposition un mémoire qu’elle avait rédigé abordant son expérience, pour que s’amorce un mouvement de réflexion au sein de l’institution. Elle a réitéré, proposé une sorte d’auto-formation à l’équipe. De là, est devenue possible une toute autre saisie de ces questions lorsqu’elles se présentent dans la parole des adolescent·es : elles étaient balayées (souvent d’un ricanement) ; elles sont maintenant entendues beaucoup plus prudemment, voire avec un certain respect. Dans le même sens, j’associe : pourquoi passer dix minutes à détailler la scolarité d’un·e jeune adolescent·e ? Sous prétexte que la scolarité occupe une part significative de son temps ? Certes, mais est-ce vraiment ça dont il est question, ce qui l’anime ? Il est de ces passages obligés qu’on n’interroge même plus, à force d’habitude ; qui mériteraient de l’être davantage.
L’on pourrait ramasser ainsi : à quoi faisons-nous de la place, dans nos réunions cliniques ? Ce qui peut s’accompagner d’un corollaire : qu’est-ce qui peut se dire, s’ouvrir, d’une relation transférentielle, dans un cadre collectif comme celui d’une réunion d’équipe ?
Enfin, toujours dans ce qui serait à traquer méthodiquement, j’ajouterais les automatismes qui accompagnent certaines expressions symptomatiques. Ce qui signifie, entre autres, ne pas se précipiter d’orienter vers la psychiatrie au moindre symptôme d’allure psychotique. Ou vers des structures de prise en charge du traumatisme sous prétexte d’une reviviscence ou d’un cauchemar. Je constate ainsi occasionnellement que des ados accueilli·es (depuis parfois un assez long moment), voient leur accueil remis en cause sitôt qu’ils évoquent par exemple une hallucination ou une vague voix. Comme si tout à coup nous ne savions plus faire notre travail avec ces sujets, qu’il y fallait nécessairement davantage. Mais davantage de quoi ? Cette façon d’opérer, non seulement ne tient le plus souvent aucun compte de la réalité, des conditions matérielles de l’accompagnement dans ces structures autres (puisque encore une fois, seule la forme symptomatique fait discrimination), mais plus grave encore, bazarde le transfert avec l’eau du bain. Aucun critère n’est définitif ou absolu, mais l’on pourrait tout de même faire au transfert une place de choix : lorsqu’un sujet parvient à se confier, s’est ouvert·e de quelque chose qui le traverse au plus intime de lui-même, qu’on peut bien dire que quelque chose se passe… orienter n’a plus le même sens. Cela ne signifie pas un évitement systématique de la psychiatrie – il est des situations où la mort est trop présente, par exemple, pour éviter un recours ponctuel à une médication/hospitalisation ponctuelle. De même avec les structures spécifiques, qui peuvent avoir leur fonction dans certaines coordonnées particulières. Pour autant, cela ne devrait jamais équivaloir à un laisser tomber.
Rédigé par Paul. R
Nourri des échanges avec Julia B., Maxence T., Claudia K., François D., François H…
Notes
- K. Harchi, Comme nous existons, Actes Sud, 2021, p.81
- R. Kempf, Violences judiciaires, La Découverte, 2022, pp.51-52
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