Soutien au Nouveau Front Populaire


Comme chacun·e sait, la situation politique en France est aujourd’hui extrêmement tendue et risque, dans les jours à venir, de se tendre encore davantage. En prenant la décision de dissoudre l’Assemblée Nationale, Emmanuel Macron contraint le paysage politique français à une reconfiguration, comme il l’avait déjà fait avec son élection en 2017.  

Cette reconfiguration est une clarification, aussi nous faut-il être clair.

Le CRAC appelle donc à soutenir le Nouveau Front Populaire dans le cadre des élections législatives à venir. Il propose de se joindre aux organisations politiques, associatives et syndicales qui s’organisent pour lutter contre l’arrivée possible de l’extrême-droite au pouvoir.

Pour autant, ce soutien doit être lucide et n’est pas sans réserve.

Si le NFP s’engage, par son programme, à rompre avec la logique néolibérale qui, en 40 ans, a fait tant de mal à nos services publics, ce dernier ne rompt pas véritablement avec la logique capitaliste en tant que telle – or, comme énoncé dans notre Manifeste, la proposition du CRAC est avant tout une proposition communiste.

Par ailleurs, nous avons bien conscience de l’adversité inouïe qu’opposera le capital, par tous les moyens possibles, à une force qui tenterait d’appliquer un tel programme. Pour qu’elle tienne malgré tout, il lui faudrait passer des seuils de conflictualité qu’on peine à imaginer aujourd’hui, tout en s’appuyant sur une base sociale massive et active. Le NFP ne s’engagera pas dans cette voie, les forces qui le composent sont trop divisées et, pour certaines d’entre elles, bien peu enclines à entrer dans une confrontation directe avec notre adversaire – et pour cause, elles croient encore pouvoir le raisonner ou le verdir. 

Reste que, une victoire politique du NFP aurait des effets importants sur nos luttes, sur les marges de manœuvre et les objectifs qu’elles peuvent se donner, sur leur répression enfin. Inversement, une victoire du camp d’extrême-droite serait, sur ce point comme tant d’autre, une catastrophe.

Qu’on songe un instant à ce qu’il en serait de nos métiers si, demain, un gouvernement d’extrême-droite prenait le pouvoir. L’une de ses représentantes les plus zélées a déjà annoncé qu’elle souhaitait supprimer les subventions du Planning Familial : combien d’autres subventions seront réduites ou suspendues ? Pour les camarades de l’hôpital public, des lieux d’accueil enfants-parents ou des centres de santé pour étudiants, s’agira-t-il de trier les patients pour préférer les « nationaux » ? Les psychologues scolaires serviront-ils, plus explicitement encore qu’aujourd’hui, à la détection et au redressement des marginaux ?

L’extrême-droite voudra parachever le travail déjà bien avancé sous régime capitaliste : faire de nous des garants de l’Ordre moral et sécuritaire.

Nous ne nous y résoudrons jamais.

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